Publié le 10 juillet 2026 par Priscilla Gout
Congrès de l’ABF : « le choix du Couvent a eu un impact sur les inscriptions »
La 71e édition du congrès de l’Association des Bibliothécaires de France a eu lieu à Rennes du 17 au 19 juin 2026.
1150 participants ont échangé sur la notion d’hospitalité au Couvent des Jacobins, un centre des congrès tout à fait adapté à la taille de leur événement annuel. Explications de Eleonora Le Bohec Lettieri, présidente du comité Bretagne de l’ABF (l’Association des Bibliothécaires de France).
Avec 1150 participants, cette édition a battu les records. Comment l’expliquez-vous ?
Le travail mené depuis 4 ans sur la qualité et l’organisation de notre congrès porte ses fruits, les thèmes choisis sont de plus en plus plébiscités. Nous savions que la Bretagne et Rennes seraient attractives, non seulement parce que venir à Rennes est facile d’un point de vue mobilité, mais aussi parce que les bibliothèques bretonnes sont inspirantes pour beaucoup de collègues.
Après l’Ile-de-France, la Bretagne est la région la mieux desservie en bibliothèques. Il y a ici une culture de la coopération qui permet de proposer aux publics des services toujours plus pertinents via le livre, les actions culturelles, l’offre scolaire… Les bibliothèques bretonnes sont réputées pour cette capacité à innover et à coopérer.
Les congressistes ont d’ailleurs eu l’occasion de faire ce qu’on appelle du « bibliotourisme » en se rendant dans les bibliothèques du département, et notamment de Rennes Métropole, dans le cadre de visites organisées par les bibliothécaires du territoire. Sans leur implication, Rennes n’aurait pas pu accueillir cette 71e édition. Ils ont également suggéré des lieux de restauration, préparé la soirée festive au Grand Huit, avec un buffet et un grand quizz musical pas du tout sérieux qui a détendu tout le monde !
Pourquoi avoir choisi le Couvent des Jacobins ?
Le lieu bénéficie d’une solide réputation auprès des bibliothécaires : il est idéalement placé en centre-ville, l’acoustique y est bonne, le parcours visiteur confortable… Nous savons que le choix du Couvent a eu un impact sur les inscriptions au congrès. Le bâtiment était parfaitement adapté à notre salon des exposants – ce n’est pas si simple de trouver un lieu où les exposants sont bien installés.
En marge des conférences et des ateliers ont éclos de nombreux échanges informels entre petits groupes dans le cloître, propice à ces rencontres fortuites très appréciées. Et puis la beauté et l’intérêt patrimonial du Couvent parlent aux professionnels de la culture que nous sommes. C’est un peu la cerise sur le gâteau !

Légende : de gauche à droite, Eléonora Le Bohec, Hélène Brochard présidente de l’ABF, Guillaume Robic, conseiller régional et président de Livre et Lecture en Bretagne, Maud Lenée Corrèze, conseillère municipale de Rennes en charge de la lecture publique, Jérôme Belmon et Lucie Daudin, Ministère de la Culture, service du Livre et de la Lecture.
Le congrès annuel de l’ABF est un moment fort pour la profession…
Bien sûr. Nous avons besoin d’échanger, de débattre et de se voir pour le faire, dans des conditions où chacun peut s’exprimer. C’est pourquoi nous sollicitons des collègues de plusieurs types de bibliothèques, d’origines géographiques et de situations professionnelles différentes sur des sujets variés. La diversité de points de vue est importante.
Nous avons évidemment parlé de la crise que traverse la filière du livre (hausse des charges, érosion des ventes, ndlr), qui touche aussi nos partenaires libraires. Pour autant, les bibliothécaires se sentent solides. Grâce à un réseau dense de bibliothèques publiques soutenues par les collectivités, ils demeurent un repère essentiel pour l’accès au livre et à la culture pour les citoyens.
D’où le thème du congrès 2026, Bibliothèques & hospitalité ?
Nous avons voulu réaffirmer que dans un monde en mutation, l’hospitalité est essentielle. Nous avons parlé accueil des publics, régulation, diversité, aménagement, travail avec les partenaires… Les bibliothèques ouvrent leurs portes à tout le monde, c’est leur fondement. Pour autant, l’hospitalité de tout un territoire ne peut reposer sur leurs seules épaules lorsque les services publics ferment autour d’elles. Trois jours n’ont pas été de trop pour discuter de cette question de l’hospitalité et tenter d’y apporter des réponses en prenant en compte les spécificités de territoires différents.








(Propos recueillis par Béatrice Ercksen)