Publié le 13 février 2026 par Priscilla Gout

Le Couvent des Jacobins, « parfaitement adapté à la diversité de nos sessions »

La 1ère édition des Trans numériques a eu lieu à Rennes, du 2 au 5 février 2026.

Trans numériques 2026 ©Thomas Crabot

Pour la première fois depuis le lancement de France 2030, 13 programmes de recherche mobilisés sur les grands enjeux du numérique se sont réunis, à l’occasion des Trans numériques. Adrien Lebre, à la tête du comité d’organisation, revient sur ce sommet scientifique d’envergure.

Qui êtes-vous, Adrien Lebre ?

Je suis directeur de recherche à Inria, en charge du programme Système, Réseau et Cloud (SRC) de l’agence du numérique Algorithmes, Logiciels et Usages. Je dirige également une équipe localisée à Nantes rattachée au centre Inria de l’Université de Rennes. Je co-dirige enfin le PEPR Cloud avec Jean-Noël Patillon, directeur adjoint de l’institut List du CEA. C’est dans le cadre de sa mission d’agence de programmes dans le numérique que Inria s’est vu confier le pilotage des Trans numériques, en partenariat avec 4 autres agences porteuses de programmes : le CEA, INRAE, le CNRS, l’Inserm. L’événement était soutenu par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et le Secrétariat Général pour l’Investissement (SGPI).

conférence Rennes
Trans numériques 2026 ©Thomas Crabot

« Idéal pour organiser un congrès scientifique, le Couvent a été à la hauteur de notre événement. »

Quelle est la raison d’être des Trans Numériques ?

Lors du lancement du PEPR Cloud en avril 2024, nous avons organisé une table ronde avec 5 directeurs et directrices de PEPR. Le message qui en est ressorti a été la volonté d’une collaboration accrue entre les programmes concernés par les défis, les enjeux et les opportunités du numérique. Agroécologie, e-santé, mobilité, cybersécurité, ville durable, industrie du futur… les domaines sont nombreux. Construite en silos, par connaissances – réseaux, IA, cybersécurité… – la communauté du numérique se trouve aujourd’hui devant un mur. Ces silos, qui nous ont permis d’avancer, ne sont plus suffisants. Le décloisonnement est essentiel pour répondre aux nouveaux besoins de manière systémique. L’objectif des Trans numériques était de rassembler 13 communautés et de voir si elles pouvaient interagir, se structurer et faire émerger une stratégie nationale commune.

L’essai est-il transformé ?

Les premières retombées montrent que c’est une réussite. Les participants ont joué le jeu, ils sont sortis de leurs domaines, de leur zone de confort, ont trouvé des ponts et des défis communs. Avec ces Trans numériques, nous avons montré que la transdisciplinarité est possible.

Vous avez parlé nouveaux usages, sobriété, sécurité, souveraineté…

Déployer l’informatique partout n’est plus soutenable. Est-ce que tout automatiser fait sens ? En a-t-on les moyens ? On sait que non. Nous allons devoir basculer vers d’autres modèles, faire preuve de sobriété, et repositionner l’humain – les citoyens, les usagers – au cœur des réflexions. On sait par exemple qu’il n’y a pas assez de cartes à puce pour satisfaire les besoins de l’IA ; il y a une course à l’équipement dont on connaît l’issue puisque 7 des 9 limites planétaires sont déjà dépassées.  Il était donc logique que le continuum numérique – qui vise à connecter notre monde physique et sa représentation virtuelle pour une utilisation plus vertueuse des ressources – soit la pierre angulaire de cette 1ère édition.

Pourquoi avoir choisi Rennes et le Couvent des Jacobins pour organiser cet événement ?

Nous souhaitions un lieu accessible depuis toute la France, et particulièrement depuis Paris, idéalement en train pour limiter l’empreinte carbone. Carina Huynh, responsable du groupe de travail Communication, a identifié le Couvent des Jacobins comme le seul capable d’accueillir la diversité de nos sessions, ateliers, démonstrations, hackathons ou journées annuelles grâce à sa multitude de salles et à ses équipements techniques.

Son choix s’est révélé judicieux : avec plus de 700 participants quotidiens en moyenne, nous avons occupé tout le centre durant 4 jours. Les espaces modulables ont permis d’organiser en parallèle ateliers et réunions, tandis que le Grand Auditorium rassemblait chaque matin et soir la communauté pour les keynotes et plénières. Idéal pour organiser un congrès scientifique, le Couvent a été à la hauteur de notre événement.

Et devant le succès remporté par ces Trans numériques, il est probable que l’événement soit organisé tous les 2 ans.

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