Publié le 06 janvier 2026
Congrès AIMOM : « Associer art et médecine a du sens »
Les membres de l’Association Internationale de Médecine Orale et Maxillo-faciale se sont retrouvés à Rennes le 11 décembre 2025.
À l’occasion de la 11e édition des Journées de l’association organisée sous la présidence du rennais Nicolas Bédhet, 200 professionnels de santé se sont penchés sur les syndromes obstructifs des voies aériennes supérieures. Au milieu de tableaux…
vous avez exercé pendant de nombreuses années au Centre Hospitalier Privé Saint-Grégoire en tant que spécialiste qualifié en chirurgie maxillo-faciale et stomatologie. En quoi consiste cette spécialité ?
Elle prend en charge les malformations du visage, des mâchoires, de la bouche, des dents – la plus connue étant la fente primaire faciale, longtemps appelée bec de lièvre -, les fractures, les tumeurs faciales… Elle existe en tant que spécialité à part entière depuis la 1ère guerre mondiale, lorsqu’il a fallu réparer les « gueules cassées ». L’histoire se répète : les membres de la société de chirurgie maxillo-faciale sont très actifs sur des théâtres d’opérations de guerre pour prendre en charge les soldats traumatisés de la face.
La médecine orale et maxillo-faciale est une spécialité médico-chirurgicale comme le sont l’ORL et l’ophtalmologie, quand les autres spécialités sont soit médicales soit chirurgicales. Elle présente également la particularité de s’articuler avec d’autres : lorsqu’un patient se plaint de douleurs faciales de type névralgie, la prise en charge peut relever de l’ophtalmologie, de l’ORL, de la stomatologie, de la neurologie. Dans le tronc commun de formation de la chirurgie maxillo-faciale, il est donc obligatoire de suivre des stages en ORL, en ophtalmologie, en neurochirurgie et en chirurgie générale.
Pourquoi avoir choisi Rennes pour cette édition 2025 ?
D’abord parce que notre association n’y était jamais venue. Il y a une raison à ça : Rennes n’offre pas de chaire de chirurgie maxillo-faciale, alors que c’est une spécialité à part entière. Il n’existe pas, en Bretagne, d’enseignement en chirurgie maxillo-faciale. C’est un manque criant ; bien qu’étant praticien libéral, j’enseigne la chirurgie maxillo-faciale au CHU de Rennes pour tenter de pallier cette lacune, mais ça ne remplace pas une chaire et son double volet enseignement/pratique hospitalière. En organisant notre congrès à Rennes, j’ai souhaité attirer l’attention sur cette situation.
Il serait vraiment souhaitable d’envisager la création d’un vrai service de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie en Bretagne. Les 4 praticiens, bientôt 5, qui exercent actuellement à la clinique de Saint-Grégoire, ne peuvent à eux seuls répondre aux besoins de toute une région.
Enfin, le Couvent des Jacobins est également un très beau lieu, confortable, facilement accessible, idéalement situé en centre-ville. Pour un événement professionnel, il présente le réel avantage de tout faire à pied.
Lors de ce congrès, vous avez échangé en particulier sur le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) ?
Tout à fait. Le SAOS touche une partie de la population et pose un problème de santé publique. Il ne concerne pas seulement les personnes vieillissantes, comme on le croit. Il peut expliquer les problèmes de concentration, d’hyperactivité, les troubles du comportement de certains enfants. C’est une pathologie traitée par plusieurs spécialités médicales et chirurgicales ; nous avons donc convié des pneumologues, des ophtalmologistes, des pédiatres, des ostéopathes, des kinésithérapeutes, des orthodontistes pour échanger sur cette thématique. Nous avons réuni 160 professionnels en présentiel, 40 en distanciel.
Vous n’avez pas seulement parlé médecine, mais aussi art ?
Il y a dans la chirurgie faciale un côté esthétique, artistique indéniable. Beaucoup de chirurgiens plasticiens sont d’ailleurs issus de notre spécialité. Associer l’art à notre congrès avait du sens. J’ai donc invité Eric Scala à exposer ses tableaux sur le thème « visage et respiration » au Couvent des Jacobins. C’est un artiste rennais dont j’apprécie les peintures, avec lequel je travaille beaucoup : nous apprenons énormément l’un de l’autre. Notre collaboration crée un pont entre art et médecine.
- Plus d’infos : AIMOM
(Propos recueillis par Béatrice Ercksen)





