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Congrès scientifique : les Assises de la Génétique Humaine et Médicale

"Tout le monde nous a encouragé au maintien en présentiel."

C’est le premier congrès d’une ultime, espérons-le, reprise du secteur des rencontres professionnelles suite à l’allègement des contraintes sanitaires. Du 1er au 4 février 2022, les Assises de la Génétique Humaine et Médicale ont investi avec un plaisir non dissimulé le Couvent des Jacobins. Un congrès fort de 1800 participants en présentiel. Et un véritable challenge, car ce dernier a bien failli ne pas voir le jour du fait des restrictions imposées. L’occasion de rappeler que la génétique médicale fait partie des fleurons de la santé, filière d’excellence sur le territoire breton. Explications avec le Pr. Sylvie Odent, Présidente du Conseil Scientifique de ces Assises 2022.

Tous les deux ans, les Assises de la Génétique Humaine et Médicale réunissent cliniciens, chercheurs, laboratoires, associations de patients, acteurs des Sciences Humaines et Sociales, partenaires industriels… « Nous préparons ce rendez-vous depuis plus d’un an ! Nous avons eu des moments de désespoir, je l’avoue, avec le durcissement des contraintes sanitaires en fin d’année. Et, la crainte de devoir tout annuler… » explique Sylvie Odent, Cheffe du service de génétique clinique au CHU de Rennes. Certes, les moments de convivialité prévus n’ont pu être maintenus, « mais le plus important pour nous était de préserver le fond : les interventions scientifiques » ajoute le Professeur. « Tout le monde nous a encouragé au maintien en présentiel. » Un présentiel indispensable pour les partenaires industriels et les sponsors sans lesquels la génétique médicale ne disposerait pas d’autant de ressources. La présidente du Conseil Scientifique des Assises 2022 évoque aussi, avec un brin d’humour, le « ras-le-bol » de la visio, maintenue toutefois pour certains intervenants basés à l’étranger, grâce au live streaming proposé par le centre des congrès de Rennes.

Une équipe solide, à tous les niveaux

Les ajustements ont été nombreux du fait du contexte sanitaire. Ainsi, les pauses-café ont dû se faire assises et des lunchbox ont été mises à disposition des congressistes. « Durant ces derniers mois, nous avons été en échange permanent avec l’équipe du Couvent des Jacobins, et notre PCO* (*organisateur de congrès professionnel), MCO Congrès » explique le Pr. Odent, qui considère que, pour un congrès réussi, il est important de se faire aider. « D’abord, par un conseil scientifique solide. Notre congrès est organisé sous l’égide de la Fédération Française de la Génétique Humaine (FFGH) dont les 9 associations pluridisciplinaires de génétique ont délégué deux personnes chacune pour le conseil scientifique. Nous avons également monté un Comité Local d’Organisation avec le Professeur Marc-Antoine Belaud-Rotureau, Chef du service de cytogénétique au CHU de Rennes. Enfin, il y a l’aide apportée par les bénévoles. »

« Un lieu original, magique, et spacieux »

Pour celle qui participe à l’organisation de plusieurs rendez-vous de la génétique dans l’Ouest, organiser un congrès d’une telle ampleur est une première. Et les Assises de la Génétique Humaine et Médicale dans sa ville, à Rennes, une grande satisfaction : « Je souhaitais les organiser à Rennes depuis longtemps et c’est devenu possible grâce à l’ouverture du Couvent des Jacobins en 2018. Dès son annonce, j’ai tout de suite souhaité proposer la candidature de Rennes. Nous étions en concurrence avec Nice et Toulouse. Mais le jury a été séduit : le lieu est très original, il a quelque chose de magique, et il est très spacieux ». Un atout indispensable en période de pandémie.

Rennes, comme une évidence

Arrivée à Rennes en 1982, Sylvie Odent ne quitterait sa ville pour rien au monde, si ce n’est le temps de voir ses pairs. « C’est une ville dans laquelle je me sens bien : très dynamique, mais pas trop grande. »  Après avoir fait ses études à Tours et découvert la génétique lors d’un stage au Québec, elle a choisi Rennes pour un internat en pédiatrie puis s’est dirigée peu à peu vers la génétique médicale, participant ainsi à son développement.

Aujourd’hui Cheffe du service de génétique clinique à Rennes, elle apprécie plus que tout la transversalité de sa discipline. « Nous travaillons avec toutes les spécialités de l’hôpital, les généralistes, la médecine de ville, le paramédical… Également en étroite collaboration avec les laboratoires de biologie et de recherche et les associations de patients. C’est aussi une spécialité relativement récente, en constante évolution, qui nécessite de se former en permanence ! »

Pour elle, être basée en région est loin d’être un handicap. « Nous sommes « une petite discipline ». Aussi, nous sommes en lien permanent avec tous les généticiens français. Tous les mois, nous nous retrouvons à l’Hôpital Necker-Enfants malades AP-HP et depuis peu, à l’Institut Imagine, un centre de recherche et de soins tourné vers l’innovation. C’était un challenge de monter un service de génétique médicale en région, mais avec les moyens de communication actuels et la LGV, tout est facilité. »

Une collaboration scientifique exemplaire sur le territoire

La collaboration entre les hôpitaux du Grand Ouest est également un atout majeur. Créé en 2013, le groupement HUGO (Hôpitaux Universitaires du Grand Ouest) fédère 6 établissements hospitaliers : Nantes, Rennes, Brest, Angers, Tours et l’Institut de cancérologie du Grand Ouest. Une coopération interrégionale très active autour du soin, de l’organisation des prises en charge, de la recherche… « Nous avons également monté des projets avec les hôpitaux généraux de Vannes, Saint Brieuc, Le Mans, Orléans » précise Sylvie Odent.

Cette coopération en génétique a démarré par la création du centre de référence sur les anomalies génétiques, le CLAD Ouest. Elle s’est poursuivie par le lancement d’un réseau transversal de génétique, le réseau GEM-EXCELL, apportant une plus grande lisibilité à toutes les spécialités de l’Ouest. Et dernièrement, la labellisation de la FHU GenOMedS* par le groupement HUGO est venu concrétisé cette structuration. Ce projet concerne l’impact des nouvelles technologies pour les personnes atteintes d’un maladie rare et sur la société.

Si le CHU de Rennes est un centre référent en matière de génétique, le Pr. Sylvie Odent entend bien souligner la collaboration exemplaire sur le territoire en matière de santé : « Nous ne sommes pas les seuls, chacun a sa spécialité et nous sommes tous complémentaires. Il y a dans l’Ouest une vraie volonté de travailler ensemble, pour être plus forts ! Et elle existe de longue date, avant même les structurations officielles. »


(*Fédération Hospitalo-Universitaire Génétique Omiques Médecine et Société, coordonnée par le Pr. Stéphane Bézieau du CHU de Nantes et le Pr. Odent, intégrant à la fois des équipes de génétique clinique, des laboratoires de génétique et des équipes (SHS Sciences Humaines et Sociales). Elle entend faire reculer l’errance et l’impasse diagnostiques qui concernent près de la moitié des maladies rares génétiques.)

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