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- Interview -

Le Couvent, un écrin pour l’Orchestre Symphonique de Bretagne

Publié le 23/11/2017

« L’Orchestre, comme le Couvent des Jacobins, est ancré dans une histoire et tourné vers l’avenir »

En plus d’accueillir des congrès et des rencontres professionnelles, le Couvent des Jacobins servira d’écrin aux explorations musicales de l’Orchestre Symphonique de Bretagne pour une saison de concerts inédits. Interview avec Marc Feldman, Directeur de l’OSB, et Grant Llewellyn, Chef d’orchestre.


L’Orchestre Symphonique de Bretagne voyage partout dans la région, Rennes est son port d’attache mais il lui manquait un vaisseau amiral…

 

C’est important pour l’orchestre d’avoir un port d’attache pour toutes nos aventures. L’exploration sans port d’attache n’est que du vagabondage. C’est un lieu de départ mais aussi d’arrivée, avec toutes les découvertes que nous allons programmer au Couvent des Jacobins et la diversité de styles qui est devenue la spécificité de l’OSB. L’orchestre est sans doute l’un des plus novateurs de France, celui qui est aussi le plus amarré à sa région.

"Faire résonner les murs du Couvent est très émouvant"

Comme le Couvent des Jacobins, l’orchestre est ancré dans un passé : grâce à la musique classique, on peut remonter le temps jusqu’à la musique de la Renaissance qui est toujours vivante dans nos concerts. Nous sommes donc attachés à ce patrimoine, mais en même temps tournés vers l’avenir et vers les musiques du monde que nous allons inviter aux Jacobins. Ce vaisseau, plus qu’un lieu de concerts, va être un endroit de découverte et d’échanges.

 

C’est important de jouer dans un lieu qui a une histoire et une âme ?

Oui c’est émouvant de penser qu’il y a 2000 ans des gens échangeaient autour du temple de Mercure qui se trouvait pratiquement là où est la scène du grand auditorium aujourd’hui. Et je suis sûr que la musique était déjà présente à l’époque dans ce carrefour de la cité antique. Faire résonner les murs du couvent des Jacobins est quelque chose de très émouvant pour nous. Ce lieu a une âme et j’espère que l’orchestre va se connecter avec elle à travers la musique.

 

Pour le concert inaugural vous avez choisi de jouer l’hymne à la joie…

Le symbole est fort, le premier concert va s’ouvrir avec l’hymne breton, suivi de l’hymne gallois et se terminera par la grande symphonie de Beethoven, la 9ème qui est aujourd’hui l’hymne européen. Joué par un chœur à moitié breton et à moitié gallois, avec la participation de la BBC, ce premier concert représente l’Europe des régions. Un symbole de paix et d’espérance pour l’avenir. Techniquement, nous avons aussi envie de tester l’accoustique du grand auditorium en pianissimo et fortissimo, avec 160 chanteurs sur scène, un orchestre de 65 musiciens et 4 solistes venus de toute l’Europe.

 

La Nef, autre lieu symbolique du couvent, accueillera aussi l’Orchestre pour des formats de concerts différents ?

Oui, nous avons deux concerts prévus dans la Nef dans le cadre de notre programme de musique de chambre et de petites formes avec des stars, comme Anne Gastinel. La musique de chambre que nous jouons déjà dans les salles de la région aura là un écrin fantastique pour des concerts plus intimes et une programmation de haut niveau. 

 

Avec la venue de Denez Prigent et le spectacle les 40èmes rugissants on plongera également au cœur de la Bretagne dans un monument historique…

Pour le projet de l’Orchestre, le Couvent des Jacobins est le lieu parfait, à la fois pour des concerts romantiques et classiques, comme pour notre création bretonne autour des 40èmes rugissants. C’est la première fois dans la région qu’un auditorium a l’accoustique adéquate pour accueillir ce genre de projet. Ce sera un moment inédit qui sera enregistré et diffusé par France Musique.         
 


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