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Un lieu chargé d'histoire(s)

Un carrefour de pouvoir et de rencontres

Le Couvent des Jacobins a été fondé en 1369. Il porte le nom des frères prêcheurs, appelés aussi Dominicains. L'originalité de ce nouvel ordre, créé en 1215, tient notamment à son implantation au cœur des villes. La première pierre de l'église est posée le 2 février 1369 dans le faubourg Saint-Malo en présence du Duc de Bretagne. Sa construction marque le début d'un rôle spirituel, intellectuel et politique important dans l'histoire de la ville et de la Bretagne. Voici les différentes étapes de son rayonnement.


 

LOuISE DE QUENGO : une noble bretonne enterrée au couvent

 

Lors des fouilles réalisées avant le chantier de rénovation du couvent, 5 cercueils en plomb ont été découverts. Si les quatre premiers ont pu être étudiés rapidement, le cinquième a du attendre le début des travaux pour être dégagé. C’est celui qui renfermait la dépouille de Louise de Quengo, une noble bretonne décédée en 1656. Son cercueil a été découvert à la base d’un mur, dans la chapelle Saint-Joseph du Couvent, alors que les quatre autres étaient dans le chœur de l’église. Plus accessibles, les quatre premières dépouilles ont pu être étudiées et ont révélé des informations très importantes sur les rites funéraires des élites bretonnes.
 

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Le cercueil de Louise de Quengo n’a pu être dégagé qu’au démarrage des travaux du centre des congrès, en mars 2014. Il a révélé un corps momifié dans un état de conservation exceptionnel. Son autopsie a fait grandement avancer l’histoire des sciences et de la médecine. Le prélèvement du cœur de Louise de Quengo témoigne notamment d’une réelle maîtrise de la pratique chirurgicale. Jusqu’à cette découverte, on disposait de peu d’éléments sur les funérailles des personnalités illustres et leur évolution entre le Moyen Age et l’époque moderne. Certains de ses éléments vestimentaires, comme ses chaussons, sont exposés actuellement au Musée de Bretagne à Rennes. Une exposition consacrée à cette dame bretonne est également prévue en 2016.

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Le Couvent au Moyen Age

Le couvent est une fondation de l’ordre des Frères prêcheurs, dits encore Dominicains ou Jacobins.L’originalité de ce nouvel ordre, créé en 1215, tient notamment à son implantation au cœur des villes.

 

Rennes et la Bretagne accusent un certain retard dans l’accueil de nouvelles communautés d’ordres mendiants alors que le XIIIème siècle est considéré comme leur âge d’or.

 

Le couvent dominicain de Rennes, construit un siècle plus tard, n’est pas situé à l’intérieur de la ville fortifiée mais dans le faubourg Saint-Malo.

Il marque le début d’un rôle spirituel, intellectuel et politique important dans l’histoire de la ville et de la Bretagne.


la construction du Couvent

L’ensemble conventuel est construit sur les terrains de généreux donateurs : Pierre Rouxel et sa femme offrent aux Dominicains de Dinan (couvent fondé en 1232) plusieurs possessions devant l’église Saint-Aubin de Rennes. Le 5 juin 1368, malgré la réticence du clergé séculier à l’égard des nouveaux ordres considérés comme des concurrents, les Dominicains obtiennent du Duc Jean IV l’autorisation d’installer une église et son couvent.

 

La cérémonie de la pose de la première pierre de l’église a lieu le 2 février 1369 en présence du Duc. Les travaux sont lents puisqu’ils reposent sur les dons des fidèles. Pour accélérer l’entreprise, Jean IV  apporte son soutien financier et en devient le fondateur officiel.

 

 

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la légende de Bonne Nouvelle

L’église du couvent est dédiée au culte de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. Une légende explique ce choix. En 1364, Jean de Montfort devient Duc de Bretagne sous le nom de Jean IV lors de la bataille d’Auray. Il avait fait le vœu de construire une église en l’honneur de la Vierge en cas de victoire. C’est la « bonne nouvelle » de son succès, annoncée à sa femme recueillie en la chapelle Saint-Vincent de Rennes, qui aurait déterminé le nom et le lieu de la fondation du couvent.

 

La protection ducale se confirme, Anne de Bretagne signe un traité dans le couvent avec le roi Charles VIII, le 17 novembre 1491. Leur mariage qui sera célébré au château de Langeais le 6 décembre, consacre l’union personnelle de la France et de la Bretagne.


Un lieu de pélerinage important

Le couvent des Jacobins devient le lieu d’un important pèlerinage grâce à la dévotion rendue à l’image de la Vierge de Bonne-Nouvelle. Ce tableau de la fin du XVème siècle est actuellement conservé en l’église Saint-Aubin. Plusieurs événements considérés comme des miracles expliquent la ferveur pour ce tableau :
 

  • en 1593 une femme ressuscite à l’invocation de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. Il semble que cet événement renforce le pèlerinage au couvent.
  • en 1624, pour remercier la Vierge qui les aurait protégés d’une importante épidémie de peste, les rennais offrent un « vœu » – une maquette en argent représentant la ville – exposé dans la nouvelle chapelle.
  • en décembre 1720, lors de l’incendie de Rennes, les habitants épargnés du faubourg Saint-Michel et des Lices attribuent à la protection de la Vierge leur sauvegarde. En remerciement, une image votive est offerte au couvent.
     

Les revenus du couvent

De riches familles louent des emplacements pour être inhumées au plus près de ce tableau. Les bénéfices sont investis dans l’achat ou la construction de maisons locatives. Des boutiques sont adossées aux murs du couvent, sur la rue Saint-Malo, dont les rentes engendrent des revenus conséquents qui servent à l’agrandissement des bâtiments conventuels au XVIIème siècle.

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Un ordre religieux au coeur de la société

Les ordres mendiants font vœu de pauvreté et leur existence matérielle repose sur les aumônes. Les propriétés foncières et les rentes de l’ordre Dominicain apparaissent donc en parfaite contradiction avec ce serment. La première réforme – l’Observance, est amorcée en France vers 1400 et doit ramener les religieux aux principes premiers de la règle dominicaine. Celle-ci, soutenue par Yves Mahyeuc, n’atteint la Bretagne qu’un siècle plus tard.

L’activité principale des Dominicains est la prédication préparée par une formation intellectuelle. Même si les religieux sont pauvres, ils sont instruits pour mener à bien cette mission. Tout couvent enseigne en premier lieu la théologie qui peut être complétée par l’enseignement de la philosophie, le droit canon et l’Écriture Sainte.

 

Aux XVIème et XVIIème siècles, l’importance du couvent des Jacobins n’est pas seulement liée au culte de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, c’est aussi un centre d’étude dont le rayonnement intellectuel engendre de plus en plus de vocations. Plusieurs Dominicains de Rennes se rendent célèbres pour la qualité de leurs recherches.

 

Les religieux sont autorisés à enseigner en public la philosophie et la théologie. L’enseignement s’appuie sur l’importante bibliothèque du couvent : il y a plus de 5 000 livres imprimés (Ce fonds est aujourd’hui en partie conservé par la bibliothèque de Rennes Métropole, les Champs Libres).

Juste avant la Révolution, certains religieux adhèrent aux idées nouvelles de la franc-maçonnerie. Sur la vingtaine de Dominicains restants au couvent dans les années 1770, on en compte au moins cinq qui participent activement à la loge de la Parfaite Union 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le Couvent après la Révolution

À la Révolution, les biens des religieux sont saisis : les propriétés sont démantelées et vendues comme biens nationaux. Par contre, les bâtiments du couvent ne trouvent pas d’acquéreur. En 1793, le couvent est affecté à l’armée et adapté pour servir de magasins militaires.
 

Les abords du couvent sont modifiés au XIXème et au début du XXème siècle. La récente église Saint-Aubin, dont la construction est engagée par Jean-Baptiste Martenot à partir de 1884, remplace l’ancien édifice et permet de dégager une partie de la place Sainte-Anne. Sur l’ancien placis du couvent, Emmanuel Le Ray construit en 1926 un poste de police.
 

Jusque dans les années 1980, le couvent abrite le siège des associations sportives de l’armée et accueille du matériel et certaines archives du ministère de la Défense. Le couvent est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en septembre 1986. Il est classé Monument historique en mai 1991.En 2002, il devient propriété de Rennes Métropole. Deux biennales d’art contemporain ont eu lieu après l’achat du site par Rennes Métropole en 2002.

 

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